Deux mouvements qu'on confond
La Lune croissante et décroissante, c'est sa forme : la part éclairée grandit pendant deux semaines, puis diminue. Tu le vois en la regardant. C'est le sujet de notre article sur les phases.
La Lune montante et descendante, c'est sa hauteur. Pendant un peu moins de deux semaines, elle passe chaque jour plus haut dans le ciel. Puis elle redescend, pendant un peu moins de deux semaines encore. Les deux mouvements n'ont pas le même rythme, et ils se croisent sans cesse.
Un exemple, calculé. Le 6 janvier 2027, la Lune est décroissante : la Nouvelle Lune arrive le lendemain. Mais elle est montante depuis la veille au soir, où elle a touché son point le plus bas. Elle redescendra à partir du 20 janvier, deux jours avant la Pleine Lune.
Pourquoi la Lune monte et descend
Le Soleil fait la même chose, en un an. Il passe haut dans le ciel en été, bas en hiver, parce que l'axe de la Terre est incliné. La Lune suit à peu près le même chemin que lui dans le ciel, mais elle le parcourt en un mois. Elle vit donc en 27,3 jours ce que le Soleil vit en douze mois : un passage au plus haut, un passage au plus bas.
En 2027, d'un point bas au suivant, il s'écoule 27,3 jours en moyenne. La Lune est montante quand elle traverse les signes qui vont du Capricorne aux Gémeaux, descendante du Cancer au Sagittaire, à peu de chose près. Ce sont les mêmes signes que le Soleil traverse de l'hiver à l'été, puis de l'été à l'hiver.
La hauteur atteinte change aussi d'une année à l'autre, sur un cycle de 18,6 ans. En 2025, la Lune est montée jusqu'à 28,7 degrés au-dessus de l'équateur céleste, son maximum. En 2027, elle atteint encore 27,7 degrés. En 2034, elle ne dépassera pas 18,6 degrés. Nous vivons donc des années où elle passe très haut, et très bas.
Trois familles de règles au jardin
Les jardiniers qui suivent la Lune ne suivent pas tous la même chose. Voici les trois grandes familles, telles qu'elles se présentent. Ce sont des conventions, transmises par l'usage.
La première suit la Lune montante et descendante. On y dit qu'en Lune montante la sève monte : ce serait le moment de semer, de greffer, de récolter les fruits et les feuilles. En Lune descendante, la vie se retirerait vers les racines : on planterait, on repiquerait, on taillerait, on travaillerait le sol.
La deuxième suit la Lune croissante et décroissante. On sèmerait en Lune croissante ce qui pousse au-dessus du sol, et en Lune décroissante ce qui pousse dessous.
La troisième est celle de la biodynamie, avec le calendrier des semis de Maria Thun. Elle classe les jours en quatre : jours racine, jours fleur, jours fruit, jours feuille, selon la constellation devant laquelle passe la Lune. Attention, il s'agit des constellations du ciel, de tailles inégales, et non des signes de l'astrologie. Les deux repères sont aujourd'hui décalés d'environ 24 à 25 degrés, presque un signe entier. Quand notre calendrier écrit que la Lune est en Bélier, un calendrier biodynamique la placera le plus souvent devant les Poissons.
Beaucoup de calendriers du commerce mélangent ces trois familles, et y ajoutent des jours à éviter. C'est pour cela que deux calendriers lunaires peuvent se contredire le même jour.
Ce qu'on sait, et ce qu'on ne sait pas
Trois registres, à ne pas mélanger.
Le fait : le mouvement de la Lune se calcule à la minute. Qu'elle soit montante le 6 janvier 2027 ne se discute pas.
La convention : dire que ce jour-là convient aux semis est une règle de tradition. Elle organise le travail, elle donne un rythme, et des générations de jardiniers s'en sont servi.
La preuve : elle manque. En 2020, quatre chercheurs de l'université de Valence ont passé en revue les manuels d'agronomie, de botanique et de physiologie végétale, ainsi que la littérature scientifique. Leur conclusion est nette : ils n'ont trouvé aucune preuve fiable d'un lien entre les phases de la Lune et la physiologie des plantes, et la physique ne fournit pas de mécanisme qui l'expliquerait. La lumière de la Pleine Lune est plusieurs centaines de milliers de fois plus faible que celle du Soleil. L'étude s'intitule « What Has Been Thought and Taught on the Lunar Influence on Plants in Agriculture? » (Mayoral, Solbes, Cantó et Pina, revue Agronomy).
Nous ne dirons donc pas que semer en Lune montante fait mieux pousser tes tomates. Nous ne dirons pas non plus que ceux qui jardinent ainsi se trompent : un calendrier qui te fait sortir régulièrement, regarder le ciel et noter ce que tu fais a déjà une utilité, qui ne dépend pas de la Lune.
Pourquoi notre calendrier ne donne pas de consignes
Le calendrier que nous proposons montre le mouvement, et s'arrête là. Tu y vois la Lune de chaque jour, posée sur la courbe de sa hauteur : en trait or quand elle monte, en trait bleu nuit quand elle descend. Chaque retournement est daté, à l'heure de Paris. Les Nouvelles Lunes et les Pleines Lunes y figurent avec leur signe.
Il ne dit pas quand semer. Si tu suis une tradition, tu y trouveras les dates dont elle a besoin. Si tu n'en suis aucune, tu y trouveras de quoi observer par toi-même.
Si tu le veux sur papier, ce calendrier du jardin existe aussi imprimé, sur un ciel étoilé.
Les heures des retournements sont calculées avec Swiss Ephemeris, comme tout le reste. Le dessin vaut pour l'hémisphère nord.
Où était la Lune à ta naissance ?
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Calculer ma carte →Une seule chose à observer, trois soirs de suite à la même heure : choisis un repère, un toit ou la cime d'un arbre, et regarde si la Lune passe plus haut ou plus bas que la veille.
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