Accueil › Le carnet › La synastrie de collaboration

La synastrie de collaboration : faire ensemble sans faire pareil

Deux personnes qui travaillent ensemble ne se regardent pas seulement l'une l'autre : elles regardent un ouvrage. La synastrie de collaboration lit ce troisième terme, et ce que chacun y apporte.

Le carnet · écrit par Jules, relu par Aurélie

Un lien à trois termes

En couple ou en amitié, le lien se joue entre deux personnes. Dans une collaboration, il y en a un troisième : ce que vous faites. Un livre, une entreprise, un projet de six mois, une équipe. C'est l'ouvrage qui donne son sens au lien, et c'est par rapport à lui que la lecture se construit.

C'est pourquoi la commande demande de décrire le projet en quelques mots : ce que vous faites ensemble, où vous en êtes, et ce qui pousse à demander cette lecture maintenant. Ce texte oriente l'écriture. Le calcul, lui, est le même que pour toute synastrie, expliqué dans C'est quoi une synastrie ?

Quatre formes de collaboration

La commande propose quatre types. La création : une œuvre, un spectacle, un livre à plusieurs mains. L'entreprise : des associés, une structure commune. La mission : un projet limité dans le temps. La direction : l'un encadre ou dirige l'autre.

Le type ne change pas le calcul, il change la question que la lecture pose en premier. Pour une création, c'est celle de la vision partagée, et de qui en reçoit le crédit. Pour une entreprise, celle de l'accord, de l'argent et du pouvoir. Pour une mission, celle du rythme et de la méthode. Pour une direction, celle de la visibilité et de la décision. Les planètes et les maisons qui passent devant ne sont pas les mêmes d'un type à l'autre.

Ce qui se complète, ce que personne ne tient

La lecture commence par établir la manière de faire de chacun, sans la juger. Qui lance, qui tient dans la durée, qui s'adapte, qui voit loin, qui met en mots, qui termine, qui est vu, qui tient les comptes, qui sait dire non. Ces rôles se lisent dans chaque carte, surtout du côté de Mercure, la pensée, de Mars, l'élan, de Saturne, la tenue, du Soleil et de Vénus, et dans les maisons du travail : la Maison VI, le quotidien et le métier, la Maison X, la place visible, la Maison VII, l'associé en face, les Maisons II et VIII, les ressources propres et les ressources partagées.

Puis elle pose les deux manières de faire côte à côte. Là où l'un tient ce que l'autre ne tient pas, il y a complémentarité. Là où les deux veulent tenir la même chose, il y a chevauchement, et souvent une rivalité qui ne dit pas son nom. Et là où aucun des deux ne tient un rôle, il y a un manque : quelque chose dont l'ouvrage a besoin et que personne, dans le duo, ne fait naturellement. C'est souvent la partie la plus utile du document, parce qu'elle est la plus difficile à voir de l'intérieur.

Une fonction de l'un que la carte de l'autre ne touche pas n'est pas un problème. C'est un domaine où chacun travaille sans avoir à négocier, et un projet a besoin que chacun en ait un.

Trier les frictions

Toute collaboration frotte. La lecture ne cherche pas à supprimer les frictions, elle les trie. Certaines s'ajustent dès qu'on les nomme. D'autres sont structurelles : elles reviendront, et elles demandent une règle décidée avant d'être au milieu du désaccord. D'autres enfin passent si bien qu'on ne les voit pas, et c'est parfois là le risque : un champ sans aucune friction peut être un duo où plus personne ne dit non.

Le document dit où une règle manque. Il ne dit jamais laquelle adopter : ce n'est ni un audit, ni un conseil d'organisation. Les quatre pentes décrites dans Quatre façons de cesser d'être soi dans un lien y prennent une forme de travail : s'effacer derrière l'autre, se reposer sur lui, se cantonner à son rôle, rivaliser avec lui ou s'attribuer ce qui a été fait à deux. Rester soi, ici, c'est garder sa propre direction, et un territoire de travail à soi.

Quand il existe un autre lien

On travaille souvent avec quelqu'un qu'on connaît autrement : la personne avec qui on vit, un ami, quelqu'un de sa famille. La commande demande donc ce que vous êtes l'un pour l'autre en dehors du projet. Si un autre lien existe, la lecture reste celle de la collaboration : elle lit la couche du travail, et dit dès le début que l'autre lien existe et n'est pas lu ici. Elle ne mélange pas les registres. Pour lire le couple ou l'amitié, c'est une autre synastrie.

Comme toujours, l'autre personne est prévenue dès la commande et dispose de 48 heures pour refuser, les deux heures de naissance sont nécessaires, et vous recevez tous les deux le même document. Une collaboration entre un adulte et une personne mineure ne se lit pas en synastrie.

Partager cet article

Lire votre collaboration

Une synastrie lue autour de votre ouvrage commun : la manière de faire de chacun, ce qui se complète, ce qui se chevauche, ce que personne ne tient, et les frictions triées. Elle dit où une décision manque, jamais laquelle prendre.

Découvrir la synastrie →

Une seule chose à observer, cette semaine : dans ton projet commun, repère une tâche que personne ne fait vraiment, et remarque depuis combien de temps chacun pense que l'autre s'en occupe.

Pour aller plus loin : La synastrie d'amitié · Quatre façons de cesser d'être soi · C'est quoi une synastrie ? · Tous les articles du carnet