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La synastrie de couple : ce qu'elle lit, et ce qu'elle ne dit pas

Deux thèmes posés côte à côte ne disent pas si un couple va durer. Ils montrent autre chose : ce qui circule entre deux personnes, ce qui reste à chacune, et les endroits où il devient facile de s'oublier.

Le carnet · écrit par Jules, relu par Aurélie

Une question avant les cartes

Quand tu commandes une synastrie, la première question n'est pas une date de naissance : c'est la nature du lien. Un couple, une amitié, un parent et son enfant, deux personnes qui travaillent ensemble. La réponse change ce que la lecture regarde, parce que les mêmes contacts entre deux cartes ne racontent pas la même chose entre deux amants et entre deux associés.

Pour un couple, tu peux préciser où il en est : une relation qui commence, un couple installé, un couple qui se pose des questions, ou un couple qui s'est séparé et cherche à comprendre ce qui s'est joué. Cette précision est facultative. Elle oriente l'écriture, elle ne change rien au calcul. Le principe lui-même, deux thèmes superposés et lus contact par contact, est expliqué dans C'est quoi une synastrie ? Ici, on regarde ce qui est propre au couple.

Le champ, vu de loin

Avant d'entrer dans le détail, la lecture prend du recul. Elle cherche le fait qui domine entre les deux cartes, celui qui se voit dès qu'on les pose l'une à côté de l'autre. Souvent, il passe par les points les plus structurants de chaque carte : le Soleil, la Lune, l'Ascendant, qui est la porte d'entrée d'un thème, ou les Nœuds lunaires, deux points qui figurent la direction où chacun grandit et le terrain où chacun se sent déjà chez soi.

Ce fait-là est un calcul : il se vérifie. Ce qu'on en tire est une lecture, et elle se dit au conditionnel. Dans la synastrie de démonstration que nous avons écrite pour deux personnes fictives, Julie et Yannick, le champ se résume ainsi :

« Chacun de vous reconnaît l'autre par ce qui le conduit. […] C'est un champ d'accueil plus que de conquête. »extrait d'une synastrie de démonstration, établie pour deux personnes fictives

Les dialogues, lus par les maisons

Beaucoup de lectures de couple s'arrêtent à « sa Vénus rencontre ton Mars ». Dit comme ça, le contact pourrait concerner des milliers de couples. Nos synastries ajoutent un étage, celui des maisons, les douze domaines de la vie dans un thème : le foyer, le quotidien, l'intime, la parole, la place qu'on tient dans le monde. Pour chaque contact qui compte, la lecture regarde d'où parle chaque planète (la maison qu'elle habite dans sa propre carte), pour quels domaines elle parle (ceux qu'elle gouverne), et dans quelle maison elle entre chez l'autre.

C'est ce câblage qui permet de dire autre chose que « il y a de la tendresse » : il dit où cette tendresse se pose, chez l'un et chez l'autre, et ce n'est presque jamais au même endroit.

« […] ce qu'il aime, et qui conduit toute sa carte, s'accorde à la manière dont elle arrive, et à ce qu'elle est au fond. […] Chez lui, ce qu'il aime est lié à son soi et à son quotidien ; chez elle, ce contact atterrit dans le foyer. »extrait d'une synastrie de démonstration, établie pour deux personnes fictives

Parce qu'un même contact ne se vit pas de la même façon des deux côtés, chaque dialogue développé est lu deux fois, depuis la place de chacun : ce qui tend à se jouer en pilote automatique pour l'un, pour l'autre, puis ce qui devient disponible quand on le voit. Aucun des deux n'y devient le problème de l'autre.

Lire les dialogues, c'est aussi voir ce qui ne dialogue pas. Une fonction de l'un que la carte de l'autre ne touche pas n'est pas un manque : la lecture la présente comme un territoire à soi, que le lien laisse libre.

« Vos deux Mars, vos deux Vénus et vos deux Mercures ne forment entre eux aucun angle. Autrement dit, votre manière d'agir, votre manière d'aimer et votre manière de penser ne se mesurent pas l'une à l'autre. […] Ce n'est pas un défaut du lien : c'est ce qui permet à chacun de garder sa façon de faire sans qu'elle soit sans cesse comparée à celle de l'autre. »extrait d'une synastrie de démonstration, établie pour deux personnes fictives

Le corps et le désir

Une synastrie de couple comprend une section intitulée « Le corps et le désir ». Elle fait partie du document d'office, parce qu'un lien amoureux se vit aussi dans le corps, et qu'il serait étrange de tout lire en passant ce domaine sous silence.

Elle distingue deux choses qu'on confond souvent. La sensualité, c'est ce que chacun trouve bon : la tradition la lit du côté de Vénus, de la Lune et de la Maison V, celle du plaisir et du jeu. Le désir, c'est ce qui met chacun en mouvement : on le cherche du côté de Mars, de Pluton, de la Maison VIII, celle de l'intime engagé, et de la Lune Noire, un point calculé qui figure la part la plus brute de chacun. Deux personnes peuvent se rejoindre sur l'une et pas sur l'autre.

Cette section parle de fonctions, jamais de pratiques, et ne mesure aucune compatibilité. Elle tient une règle stricte. La carte montre une manière d'aller vers le plaisir et vers le désir. Ce que chacun a vécu dans ce domaine, y compris de difficile, n'est connu que de la personne, et le thème n'en confirme ni n'en infirme rien. La lecture est la rencontre des deux, proposée pour être reconnue ou laissée de côté.

Elle peut être retirée. La personne qui commande peut le demander au moment de la commande, et l'autre personne par le lien qu'elle reçoit dès que la synastrie est demandée. Aucune raison n'est à donner.

« Dans le corps et le désir, un élan franc rencontre un plaisir lent, et chacun garde un territoire que le lien ne prend pas. »extrait d'une synastrie de démonstration, établie pour deux personnes fictives

Ce qu'elle ne dit pas

Il n'y a pas de score. Pas de pourcentage, pas de colonne de points forts et de points faibles, pas de signe « fait pour » un autre. Deux cartes ne sont ni compatibles ni incompatibles : elles forment un champ, avec ses appuis et ses frottements, et un même frottement peut user un couple comme il peut le garder éveillé.

Elle ne dit pas ce que le couple deviendra. Ni sa durée, ni sa forme, ni s'il vaut mieux rester ou partir, et elle ne donne pas de conseil de couple. Pour un couple séparé, elle ne dit pas s'il fallait se quitter : elle aide à voir ce qui s'est joué, depuis la place de chacun.

Enfin, elle ne décrit pas ce que vous vivez. Elle décrit un champ symbolique, à confronter à ce que vous connaissez de votre histoire. Ce qui ne parle pas se laisse de côté.

Que chacun reste soi dans le lien

Toute l'écriture est tournée vers une question : comment chacun peut rester soi dans ce lien. Un couple rapproche, et il peut aussi effacer. Pour chaque contact important, la lecture repère la pente sur laquelle chacun tend à glisser quand personne ne regarde : se dissoudre, déléguer, se barricader, projeter. Ces quatre pentes sont décrites dans Quatre façons de cesser d'être soi dans un lien.

Vient ensuite une piste pour chacun, tirée de sa propre carte, de la direction où cette personne grandit, et qui se termine par une chose à observer, jamais par une consigne. L'idée qui la tient : l'autre se pose sur le chemin, il n'est pas le chemin.

Parce que le document parle des deux, les deux le reçoivent. L'autre personne est prévenue dès la commande et dispose de 48 heures pour refuser avant que la lecture soit écrite. Si elle refuse, rien n'est écrit.

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Lire votre couple

Une synastrie de couple, de trente à quarante pages : le champ, les dialogues lus par les maisons, le corps et le désir, les territoires de chacun, et une piste pour chacun. Sans score ni verdict. Vous recevez tous les deux le même document.

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Une seule chose à observer, cette semaine : repère un domaine où ton couple ne se mêle pas de ta façon de faire, et remarque si tu le vis comme un manque, ou comme un endroit à toi.

Pour aller plus loin : La Maison VII : ce que le thème dit du couple · Quatre façons de cesser d'être soi · C'est quoi une synastrie ? · Tous les articles du carnet