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La synastrie parent–enfant : un sol, pas un moule

Lire son lien avec son enfant, ce n'est pas obtenir le mode d'emploi d'un enfant. C'est regarder ce que le lien fait circuler, et la place qu'il laisse à chacun pour devenir soi.

Le carnet · écrit par Jules, relu par Aurélie

Un lien qui ne ressemble à aucun autre

Le couple et l'amitié sont des liens choisis, entre pairs. Le lien entre un parent et son enfant n'est ni l'un ni l'autre. L'un a élevé l'autre : la responsabilité va dans un sens, et au moins au début, la dépendance aussi. Et ce lien n'est pas choisi. Il est donné, puis il traverse les âges : la petite enfance, l'adolescence, l'âge adulte, parfois le moment où les rôles s'inversent quand le parent vieillit.

Les contacts entre les deux cartes, eux, ne bougent pas. Ce qui change avec les âges, c'est lesquels passent au premier plan. La lecture tient donc compte de l'âge de l'enfant au moment où elle est écrite. Le principe du calcul est le même que pour toute synastrie, expliqué dans C'est quoi une synastrie ?

Un sol, pas un moule

Une phrase guide toute cette lecture : le parent est un sol, pas un moule ; l'enfant est une personne, pas un prolongement. Un sol porte sans imposer de forme. Un moule donne sa forme à ce qu'on y verse.

L'objectif se dédouble. Pour l'enfant, il s'agit de devenir soi hors de l'image parentale, sans s'y calquer et sans se définir uniquement contre elle, ce qui reviendrait à rester défini par elle. Pour le parent, il s'agit de ne pas vivre à travers l'enfant, et de rester soi en le laissant devenir.

Les quatre pentes décrites dans Quatre façons de cesser d'être soi dans un lien prennent ici deux visages, parce que les deux places ne sont pas de même nature. Côté parent : vivre à travers l'enfant, lui faire porter ce qu'on n'a pas accompli, se figer dans le rôle du parent d'un enfant petit, voir en lui ce qu'on refuse en soi. Côté enfant : se calquer sur le parent, ne rien pouvoir choisir sans son accord, n'avoir plus que l'opposition ou le silence, faire du parent le seul responsable de ce qui est à soi.

La lecture regarde aussi une chose propre à ce registre : l'image du parent dans la carte de l'enfant. La tradition la cherche du côté de la Lune, du Soleil et de Saturne, et de l'axe qui relie la Maison IV, les racines, à la Maison X, la place dans le monde. Elle ne l'attribue jamais selon le sexe du parent : la Lune n'est pas « la mère », Saturne n'est pas « le père ». Et cette image n'est pas le parent réel. C'est une figure intérieure, que le parent réel rencontre, confirme ou déplace.

Qui commande, et pour qui c'est écrit

C'est le parent qui commande. En ligne, la synastrie est ouverte au père ou à la mère, que la filiation soit biologique ou adoptive ; pour un beau-parent ou un grand-parent, la demande passe par un échange de mails. Les deux heures de naissance sont nécessaires. Tout le reste dépend d'une question : l'enfant est-il mineur ou adulte ?

Si l'enfant est mineur, il ne peut pas consentir à la lecture de sa carte, et ce n'est pas lui qui la demande. Le document s'adresse alors au parent, à lui seulement, et il est le seul à le recevoir. Il ne fait aucun portrait de l'enfant : pas de trait de caractère, pas d'étiquette, pas de pronostic. L'enfant n'y apparaît qu'à travers ce que le lien fait circuler, et l'espace que sa propre carte demande. La section des chemins n'en écrit qu'un, celui du parent. Celui de l'enfant n'est pas tracé pour lui : il est décrit comme la place que le lien lui laisse.

Si l'enfant est adulte, la synastrie fonctionne comme entre deux adultes. Il est prévenu dès la commande et dispose de 48 heures pour refuser. Si la lecture se fait, vous recevez tous les deux le même document. Il vous parle à tous les deux, au « vous », pour qu'aucun des deux ne devienne l'objet de l'autre, et chacun y trouve son propre chemin, avec une observation qui lui est adressée au « tu ».

Les précautions

Ce document n'est pas un outil pour comprendre un enfant au sens de le gérer. Savoir comment le prendre, pourquoi il est comme ça, comment obtenir qu'il obéisse : une synastrie ne répond pas à ces questions. Elle décrit un champ entre deux cartes, elle ne donne la clé de personne.

Elle ne projette rien non plus. Une carte d'enfant n'annonce pas qui il deviendra, ni quel métier, ni quelle difficulté. Rien n'y est un diagnostic, ni de l'enfant, ni du parent, ni du lien. Et rien n'y est un reproche au parent : ce que le lien fait circuler ne se découpe pas en fautes.

Il existe parfois une couche plus ancienne, ce qui se transmet d'une génération à l'autre sans être dit. La lecture n'en parle que lorsque les deux cartes la montrent nettement, avec retenue, et toujours comme une hypothèse. Il en va de même pour un lien où l'enfant tend à soutenir son parent plus que l'inverse : la lecture décrit le mouvement, du côté du lien, et pose au parent la question de ce qui n'est pas à faire porter.

Enfin, quand l'enfant est mineur, le document reste celui du parent. L'accord de l'enfant ne peut pas être demandé ; c'est pourquoi rien n'y est écrit sur lui qu'il ne pourrait pas lire un jour sans s'y trouver enfermé.

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Une synastrie parent–enfant tient compte de l'âge de l'enfant et de la place de chacun. Elle ne décrit pas l'enfant : elle regarde le lien, et la place qu'il laisse à chacun pour devenir soi.

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Une seule chose à observer, cette semaine : quand tu parles de ton enfant, ou de ton parent, remarque combien de fois tu dis ce qu'il est, et combien de fois ce qu'il fait.

Pour aller plus loin : La synastrie de couple · Quatre façons de cesser d'être soi · C'est quoi une synastrie ? · Tous les articles du carnet